Bon Anniversaire Mickey !

18 novembre 1928 – 18 novembre 2018, 90 ans où Mickey a accompagné la culture populaire Disney, mais aussi générale. Tout le monde connait la souris aux trois ronds, un grand et deux petits. A travers les courts métrages en noir et blanc, muets ou sonores, les courts métrages colorés, les moyens et longs métrages, les bandes dessinées, ou encore dans les parcs d’attractions, tout le monde a déjà vu Mickey en action au moins une fois et connait son timbre de voix !

La date du 18 novembre est celle retenue par l’inconscient collectif car c’est à cette date que la souris est présentée à un public très large et que l’on entend le personnage !

Mickey a été imaginé par Walt Disney en 1928, durant le retour de son voyage en Californie et de son rendez-vous avec Charles Mintz, distributeur de ses courts métrages, qui s’est emparé d’Oswald. Le producteur s’inspire donc du lapin, en tire ses avantages et incovénients, et créé Mortimer, une souris anthropomorphique. Sa femme Lillian, ne trouvant pas ce nom très chaleureux, propose un nom adapté au public, celui qui deviendra l’icône de l’entreprise, Mickey.

Le graphisme de celui-ci est le fruit de la collaboration entre Disney et Iwerks. Le dessin est simple, deux grands cercles pour le corps et la tête, deux cercles plus petits pour les oreilles. Un élément nouveau est à souligner : contrairement à Oswald, Mickey a un caractère et une personnalité proche de celle des Hommes. Walt Disney dira par la suite de Mickey :

         « Si les gens rient de Mickey, c’est parce qu’il est si humain ; c’est là que réside le secret de sa popularité ».

La date d’anniversaire retenue pour Mickey est le 18 novembre, mais sa première apparition n’est pas à cette date, mais plus précisément le 15 mai 1928, dans le court métrage Plane Crazy. Encore muet à l’époque, il raconte un flirt raté entre Mickey et sa chère Minnie, créée au même moment. Ce n’est donc pas seulement l’anniversaire de Mickey que l’on fête aujourd’hui, mais aussi de sa chère et tendre Minnie. Par la suite, Disney s’attèle à un deuxième court-métrage, Gallopin’ Gaucho. Lorsque le succès du sonore avec Steamboat Willie retentit, ces deux courts métrages seront, eux-aussi, mis en musique, le 30 décembre 1928 pour Gallopin’ Gaucho et le 17 mars 1929 pour Plane Crazy.

L’arrivée du cinéma sonore, avec The Jazz Singer en 1927, donne l’idée à Walt Disney d’associer le son à l’animation. Il s’attarde donc à créer Steamboat Willie. Les studios signent un contrat de diffusion avec Pat Powers et le Colony Theater : le 18 novembre 1928, Mickey sort de l’ombre et se fait connaitre au grand public dans Steamboat Willie.


Steamboat Willie est donc le premier court métrage d’animation sonore de l’histoire du cinéma. Il permet donc d’ancrer et synchroniser une idée sonore à l’image,  tandis que les premiers courts métrages animés étaient comme les films muets d’époque, avec un pianiste improvisant en live et avec des panneaux annonçant le texte. Le court métrage est construit de façon musicale : tout les douze images, un accent visuel est créé afin d’imaginer un appui musical, le tout cadencé par un métronome. Le rythme d’un dessin animé étant de 24 images / secondes, le tempo musical serait un allegro (120 à la noire). Donc grâce à l’image, une partition, avec un tempo et un rythme précis, peut se construire plus facilement. L’idée serait venue de Wilfried Jackson, un des animateurs, d’utiliser un métronome. Walt Disney demande par la suite à un arrangeur d’écrire une partition sommaire pour le court métrage à partir de l’interprétation par Wilfried Jackson de la chanson populaire Turkey in the Straw et de la chanson de Arthur Collins Steamboat Bill. Disney demandera par la suite, avant la diffusion aux distributeurs new-yorkais, à Carl Stalling de finaliser la partition. Les sources conversent sur le compositeur officiel de la musique de Steamboat Willie : les chercheurs partagent la composition entre Jackson, Stalling et Bert Lewis. Ce dernier aurait assisté Jackson à la composition de la musique.

Steamboat Willie est le court métrage qui a inspiré plus tard les Silly Symphonies. Il se construit en deux parties : la première partie décrit le cadre spatio-temporel. Le thème de Steamboat Bill est interprété par Mickey en guise d’introduction, puis le procédé du Mickey Mousing intervient : chaque son représente une action de l’image, afin de l’accentuer ou de provoquer un gag. Par la suite, le personnage de Minnie monte sur le bateau en catastrophe, et fait tomber sa partition de The Turkey in the Straw, qui est mangée par une chèvre. Ce nouveau gag amène à un numéro musical dans le court métrage. La chanson est utilisée comme base musicale, et les différents sur le bateau (animaux ou objets) servent à agrémenter de manière comique la scène. Ainsi la musique est diégétique, à travers le sifflement de Mickey ou le bruit qu’il réalise au cours de The Turkey in the Straw, mais aussi extra-diégétique, avec l’accompagnement musical. Toute la bande son du court-métrage est construite de façon à ne pas casser le rythme de l’action. A l’inverse, tous les éléments visuels donnent une casse rythmique continue  et qui ne s’arrête jamais (les personnages dansent, les machineries réagissent de manière exagérée…).

En 1930, le contrat liant Powers aux frères Disney arrivant à son terme, ce premier décide d’engager Ub Iwerks afin de créer sa propre série de cartoons. Malgré le refus de Disney, Iwerks part vers Powers, mais ne connaitra pas le succès escompté, et reviendra vers les Studios Disney en 1940, afin de développer les effets spéciaux et le travail de la caméra (il améliorera le système de la caméra multiplane). Il participera aussi à la création d’effets spéciaux pour des attractions des parcs Disney. Carl Stalling décide la même année de quitter les frères Disney, pour aller composer les musiques des cartoons Looney Tunes, chez Warner Bros. Les frères Disney signent par la suite un contrat avec Columbia Pictures, distributeur qui permet une diffusion plus large et récurrente des courts-métrages de Mickey, le succès de ce dernier étant considérable. Ce sont 117 courts métrages qui ont été réalisés avec Mickey en héros jusqu’en 1953 et 4 courts métrages  par la suite (1983, 1990, 1995 et 2013).

Le succès considérable de la musique et du son au sein des courts métrages de Mickey va amener Walt Disney à développer une idée de Stalling, en parallèle des productions des court-métrages de Mickey : la création des Silly Symphonies, des court-métrages musicaux, qu’il développera de 1929 à 1939.

J’avais travaillé la musique de ce court métrage pour mon mémoire. L’analyse a été réalisée il y a environ un an, pour la partie sur l’historique des Studios Disney.

Pour citer mes sources, je ne peux que remercier le site Chronique Disney, dont beaucoup de leurs infos ont fourni mon mémoire sur l’aspect historique. 

J’ai utilisé aussi le livre de Jim Fanning, Le guide visuel ultime, ainsi que ce qui devrait être la Bible du passionné DIsney, Disney’ A to Z, The Official Encyclopedia, rédigé par l’excellent archiviste Dave Smith.

Retrouvez le court-métrage en dessous, ou à sur ce lien :
 https://www.youtube.com/watch?v=BBgghnQF6E4&t=330s

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