Disney Stars on Parade : un hommage aux grands classiques Disney.

Disney Stars on Parade est une parade créée pour Disneyland Paris en 2017, pour les festivités du 25e anniversaire. 
La musique qui l’accompagne est Lost in the Magic, composée par Mark Hammond, sur des paroles de Carolyn Gardner, et orchestrée par David Hamilton et Tim Akers. Elle est interprétée par Hollyn Miller et Manu Vince.

Elle est écrite sous le procédé d’underliner. Les deux principales parades à Disneyland Paris ayant utilisées ce procédé pour leurs musiques sont Main Street Electrical Parade (1992-2003), avec comme thème principal Baroque Hoedown, composé par Jean-Jacques Perrey et Gershon Kingsley, ainsi que Disney’s Fantillusion Parade (2003-2012), avec comme thème principal Fantillusion’s Theme, composé par Bruce Healey.

La complexité de la musique « underliner » est qu’elle utilise une chanson principale que l’on retrouve dans chacune des boucles des charsAinsi, la chanson doit être courte, pour faciliter la synchronisation, dynamique, rythmée, entrainante et énergique, mais aussi avec un maximum d’idées musicales, afin de ne pas proposer quelque chose de vite répétitif et lassant. Par dessus cette chanson, des thèmes Disney-Pixar, en adéquation avec le char présenté aux guests, s’ajoutent et s’adaptent aux harmonies de la chanson, sans que ça ne soit incompréhensible et inaudible, au travers des différentes boucles musicales, de la même durée de la chanson initiale.
La difficulté d’écriture pour la musique « underliner » est donc que les harmonies de la chanson principale correspondent à la majorité des chansons secondaires, mais aussi que les carrures (durées) des mélodies soient en adéquation avec les carrures de la chanson principale, et qu’au final, le guest retrouve la chanson proposée en quelques notes.

Lost in the Magic transmet, comme beaucoup de chansons des parcs Disney, des thématiques fortes : la féérie, la magie et le mystère. Le titre à lui seul plonge le guest dans le scénario proposé au visiteur : il est perdu dans la magie.

La chanson commence la parade, avant l’arrivée du premier char, comme un prélude à l’histoire qui va être présenté au guest. 

La mélodie a des couleurs de musiques de l’est, que l’on remarque grâce au mode naturel de ré mineur, qui est sans sensible, donc sans le do#. De plus, dans la version demo commercialisée pour les festivités du 25e anniversaire, on remarque que le compositeur propose, en introduction, un violon avec une sonorité tzigane et des riffs de guitare, accompagnés d’un accordéon. Chaque intervalle est même accentué d’un glissando, et renforce les caractéristiques de la musique de l’est.

La chanson, ainsi que toute la musique de la parade cherche à surfer sur l’actualité musicale tout en gardant ses « classiques », en mélangeant musique électronique avec le big band, qui renforce des sonorités jazz. Ainsi, la rythmique est proposée par des samples, pendant  que la mélodie et les accords sont joués par le big band et un synthétiseur.

La musique de chaque char est spécifique à l’ambiance du film présenté au guest : il propose ses thèmes musicaux, mais aussi des orchestrations très proches de celles des films, en plus de la musique électronique qui est un « fil » conducteur de la parade.

Ainsi, le char suivant celui d’ouverture, comprenant Mickey et ses amis, est celui de Toy Story. Son orchestration est composée de trois éléments principaux : des éléments extra-musicaux, avec des bruits de jouets, pour rappeler l’univers d’Andy, des sonorités jazz plus affirmées, avec beaucoup de soli de clarinette, instrument dominant dans les chansons composées par Randy Newman, ainsi que des sonorités synthétiques, rappelant l’autre personnage principal de Toy Story et son univers, Buzz Lightyear. La boucle se termine sur un mélange de Lost in the Magic et la chanson principale de cette boucle, You’ve got a friend with me, dans un mélange de jazz et d’effets musicaux enfantins et spaciaux.

La troisième boucle musicale, sur le thème de The Jungle Book et The Lion King, s’intéresse à l’orchestration proposée par Georges Bruns pour le premier film et les arrangements vocaux des orchestrateurs de The Lion King. Le début de la boucle commence par un des thèmes musicaux du film de 1966, utilisé par la musique instrumentale. Ce thème est interprété par la flute basse dans la musique originale, et l’instrument est réutilisé pour la Disney Stars on Parade. La boucle propose par la suite Lost in the Magic avec un accompagnement fait de percussions africaines, puis un mélange entre les chansons The bare necessities, la section d’improvisation à la trompette de I wanna be like you, et le motif initial de I just can’t wait to be king. L’orchestration insiste sur la confrontation jazz/electro contre l’ambiance indienne puis l’ambiance africaine. L’accompagnement de percussions s’inspire de Jungle Drums de Sidney Bechet et utilise aussi la voix de poitrine des hommes en accompagnement, avec la même idée que l’utilisation de la voix que dans The Lion King.

Par la suite, c’est Peter Pan qui est proposé au guest. La boucle est composée d’une ambiance calypso, jazz, mélangée avec la chanson The Elegant Captain Hook, interprétée en scat, voulant faire référence à une atmosphère maritime. Cette atmosphère maritime est accentuée par la transcription en ternaire de la chanson. La violence de Captain Hook, présent sur la première partie du char est accentuée par la version en mineur de You can fly.

La deuxième partie du char, mais aussi de la boucle musicale, met en scène Peter Pan et les enfants perdus sur un bateau volant et utilise la chanson Following the Leader, interprétée par des sifflements légers montrant l’insouciance des personnages présentés, avant d’entendre la chanson The second star to the right, chantée par une voix féminine, accompagnée par le big band. Il s’agit de la seule chanson de la boucle interprétée sans faire de référence aux athmosphères du filmavant de revenir à une nouvelle interprétation pianistique et swinguée de Following the Leader. 

La boucle se conclut sur une interprétation agressive de A pirate’s life dans le mode mineur. Cette interprétation se rapproche de l’orchestration et du dynamisme de He’s a Pirate, un des thèmes principaux de Pirates of the Caribbean

Un deuxième Disney-Pixar est ensuite proposé au guest, avec un char sur le thème de Finding Nemo.  Il n’y a pas de chanson originale dans ce long métrage, seulement un arrangement de La Mer de Charles Trenet et inteprété par Robbie Williams.

La boucle musicale utilise des arrangements des thèmes musicaux du film, composés par Thomas Newman, ainsi qu’une interprétation de la chanson de Trenet en anglais. 

L’orchestration essaie de représenter une atmosphère sous-marine, en utilisant la musique electronique, un effet de reverbération et d’écho sur les voix féminines, et en évoquant brièvement le style calypso avec l’utilisation de steel drums, mélangé au jazz qui fait écho à la version de La Mer de Robbie Williams.

La boucle suivant Finding Nemo est le climax de la Disney Stars on Parade : il s’agit du char représentant Prince Phillip combattant Maleficient transformée en dragon. La musique elle-même utilise le thème du personnage, inspiré du ballet La Belle au Bois Dormant de Tchaikovsky.

Cette boucle est l’arrangement musical le plus savant de la parade, grâce à la première utilisation depuis le début de la musique de l’orchestre symphonique.

La boucle commence par une interprétation discrète sur des vocalises féminines de Lost in the Magic avec un effet de réverbération, accompagnées par une orchestration grave et dépouillée, imposant l’atmosphère oppressante, caractérisant le personnage de Maleficient, avant que les trompettes ne reprennent le thème musical de la parade, qui ne caractérisent plus le jazz mais une fanfare, toujours avec cet effet d’écho, accompagnées par un rythme syncopé des cordes. Les syncopes provoquent un rythme décalé, avec des points d’appuis qui ne tombent pas sur les temps forts, ce qui renforce encore la tension de la boucle musicale et du char au dragon décharné.

La transition amène au thème de Maleficient fait de traits rapides des cordes, accentués par le choeur, les trompettes et les percussions, dans une nuance forte et sur des contre-temps (c’est à dire en décalage rythmique plus marqué que les syncopes), décrivant la violence, le pouvoir et la force du personnage.

La boucle se conclut par le thème Hail to the Princess Aurora en mode mineur joué par les cordes, toujours accompagnées par le choeur, les trompettes et les percussions, qui reprennent le thème de Lost in the Magic, montrant la victoire du mal sur le bien.

En contraste avec le char précédent, c’est l’unité des princesses, composées de trois « calèches », qui est présentée au guest.

La boucle commence Lost in the Magic, interprétée par une harpe et un clavier, avec un léger accompagnement composé de cordes jouant des pizzicati et un contrechant de l’accordéon, avant d’arriver vers une interprétation plus majestueuse de la chanson, accompagné par des triolets des cordes renforçant ce caractère.

S’en suit une interprétation de Someday, my prince will come en français, écrit en 3 pour 2, c’est à dire que le rythme à trois temps de la chanson originale est calée avec le rythme à quatre temps de la chanson de la parade, suivi par une version instrumentale de I see the light mélangée avec Lost in the magic, avant de conclure la boucle par une interprétation du début de A dream is a wish your heart makes, toujours en français.

Enfin, la parade se conclut sur le char de Frozen

La boucle musicale commence par un mélange des chansons Vuelie, gardant les couleurs scandinaves originales, et For the first time in forever, simplement évoquée par les cloches tubulaires, faisant référence à l’annonce du couronnement royal de la séquence du film. 

Lost in the Magic est par la suite interprétée dans un style pop. 

For the first time in forever est ensuite reprise, toujours avec cet accompagnement pop présent en continu, avant d’être mélangé à Let It Go, interprété par la trompette.

S’en suit Vuelie dans une version très proche de la version originale.

Enfin, le motif du refrain de Let It Go conclut la boucle, interprété en anglais, puis en français sous forme d’un écho.

La musique se termine par une reprise conclusive de Lost in the Magic, diffusée lorsque les chars ne défilent plus devant le guest, se terminant par un coup de tam-tam (le tam-tam étant l’énorme cymbale suspendue, confondue souvent avec le gong), et sert de transition avec la musique d’ambiance de la zone où le guest se situe.

L’originalité de la musique de la Disney Stars on Parade est l’utilisation des orchestrations très proches de celles des films proposés : les éléments musicaux marquants de chacun de ces films sont ainsi proposés. On ne cherche pas à réinventer les chansons des productions, mais à leur rendre hommage.

Cette parade salue aussi les premières parades de Disneyland Paris, sur le point de vue musical et plastique, avec par exemple le jungle drum de la boucle de jungle book déjà évoqué dans la Parade Disney en 1992, ou le thème de Maleficient pour la bataille entre Prince Phillip et le dragon dans cette même parade.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s