Main Street U.S.A : « Une Petite Ville des Etats-Unis à l’aube du 20e siècle » – Partie 1

Main Street, U.S.A est le premier land lorsque le visiteur arrive dans un Magic Kingdoms. Le concept original du land est de présenter une ville évoquant celle de Marceline au début du XXe siècle, située dans le Missouri, où a grandi Walt Disney, après Chicago. Seuls les parcs de Shanghai et Tokyo ne comportent pas de Main Street, U.S.A. :
-la zone du parc tokyoïte se nomme World Bazaar et est couverte, afin de protéger les visiteurs du climat japonais. Cependant, le scénario est le même qu’aux Etats-Unis : reproduire une ville américaine du Missouri au début du XXe siècle.
-Shanghai Disneyland n’a pas le concept initial des Main Street U.S.A. mais une rue nommée Mickey Avenue. L’idée de rue commerçante est gardée, avec un mélange entre une ville imaginaire et cartoonesque et une ville victorienne. Le scénario se base sur l’univers et les personnages de Mickey Mouse.

Le land français se situe entre les années 1896 et 1908, comme le montre le drapeau américain avec 46 étoiles, au moment où les technologies se chevauchent : par exemple, le visiteur peut croiser au même moment un tramway tiré par un cheval (avec l’attraction Horse-Draw Streetcars) et des voitures d’époques (une Mercer ou un Paddy Wagon, avec l’attraction Main Street Vehicles).


Main Street, U.S.A est constitué de 11 points de restauration, 19 boutiques et 5 attractions, des promenades en véhicule d’époque, mineures et anecdotiques par rapport à d’autres attractions (comme Space Mountain ou Big Thunder Mountain par exemple). Il s’agit du point commercial le plus important du Disneyland Park. Lors de l’arrivée du visiteur, il est forcé, de manière naturelle, à aller consommer, en arrivant directement vers des points de ventes. Et de manière inverse, il sera poussé aussi à consommer avant de partir. De plus, grâce aux points de restauration présents, les odeurs de nourriture poussent le visiteur à se restaurer.


Main Street¸ U.S.A. se construit comme une ville réelle. Les bâtiments principaux d’une ville américaine y sont présents et y ont la même utilité : un City Hall pour les relations avec le client, des magasins, des restaurants ou un barbier. Les devantures, qui cachent les différentes boutiques, ont, quant à elles, des utilités scénaristiques : la rédaction du journal local, une blanchisserie ou un dentiste. Elles permettent de donner l’illusion de changer de magasin, alors que l’on reste dans le même. Cette illusion est donnée avec l’Emporium, qui est le plus grand magasin du parc, et qui s’étend sur trois façades. Ainsi, si le visiteur voit une devanture différente, il sera tenté de rentrer dans le magasin (tenté donc de consommer) et se retrouve dans le même magasin qu’il a pu faire précédemment.

Le land est composé de quatre artères principales :
-Town Square, qui se présente comme une place avec un kiosque en son centre. Elle contient le City Hall, le point de renseignement et de communication avec le visiteur, l’accès à quatre boutiques, ainsi qu’aux attractions Disneyland Railroad, qui délimite le parc, Horse-Draw Street Cars, et Main Street Vehicles. Elle mène aux axes de Liberty Arcade, Discovery Arcade et Main Street, qui elles-mêmes débouchent sur Central Plaza, carrefour menant aux autres lands, et ayant pour emblème le château.
-Main Street, qui sert d’accès extérieur afin d’aller vers Central Plaza et les autres lands. Il s’agit d’un axe principalement commercial. Il sert aussi de chemin pour la parade, qui contourne ensuite Town Square. Il est composé de dix points de restauration et de neuf points de ventes.
-Liberty Arcade, qui est un accès couvert, pensé comme World Bazaar afin de protéger du climat parisien, se situant à gauche de Town Square. Elle est considérée comme une attraction pédestre. Elle permet l’accès à Central Plaza¸ mais dirige aussi vers Frontierland. Cette arcade raconte la création de La Statue de la Liberté, et son voyage de la France vers les Etats-Unis.
-Discovery Arcade, qui est le deuxième accès couvert du land, et qui se situe à droite de Town Square. Cette arcade expose les véritables brevets et maquettes créés au XIXe siècle d’inventeurs. 28 L’arcade débouche sur Central Plaza, et à sa droite Discoveryland, de manière logique, car le land présente les idées de visionnaires européens.

La musique est un point important dans ce land. Elle est composée uniquement de ragtime. Town Square, Main Street et Central Plaza partagent la même boucle musicale, tout comme celle de Libery Arcade qui est commune à Discovery Arcade.

La musique de Main Street/Town Square est composée de deux boucles musicales d’une heure chacune : la première commence dès l’ouverture et se finit vers 16h, la deuxième commence à 16h et se termine à la fermeture du parc. Les titres sont principalement des orchestrations de ragtime de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, composés par Irvin Berlin, Gus Winkler, ou Billy Baskette, des transcriptions dans un style de ragtime de chansons écrites pour des films Disney des années 60, composées par les Frères Sherman, pour les films tels que Summer Magic (1963), ou The Happiest Millionaire (1968), et d’extraits de la bande originale du film Ragtime (1981), composée par Randy Newman. Ces musiques permettent de plonger dans l’ambiance des Amériques de 1900.

Ces boucles musicales amènent un problème artistique : on a un mélange entre des musiques composées à l’époque, que les Imagineers ont cherché, par cohérence, et pour le souci du détail, cher à la communication de Disney, avec des musiques qui ne sont pas originales. Eddie Sotto, le Show Producer du land dans une interview menée par Jérémie Noyer, disait de la musique :

« J’ai trouvé un orchestre, le Paragon Ragtime Orchestra, qui a retrouvé des tonnes de partitions qui avaient été abandonnées sous un kiosque à musique d’Atlantic City dans le New Jersey et qui a recrée ces magnifiques morceaux de ragtime en les jouant sur instruments d’époque ».

Des pièces interprétées par The Gaslight Orchestra sont aussi utilisées pour ces boucles. Donc un travail de recherches musicales a été mené afin d’être le plus fidèle à l’époque.

Une pièce dans la boucle du matin est significative de l’idée de culture européenne à Disneyland Paris : GoodBye Broadway, Hello France. Il s’agit d’une pièce écrite en 1917 par Billy Baskette, qui raconte le départ des soldats américains vers la France en pleine Première Guerre Mondiale. La pièce mélange une écriture musicale très martiale et carrée pour les couplets, ressemblant à une marche militaire, avec une écriture de ragtime pour les refrains. On évoque ici l’histoire de France et d’Europe à travers les Etats-Unis.
Mais à l’opposé, on utilise aussi des pièces inspirées du ragtime, avec des compositions de Newman ou des frères Sherman, qui servent à accompagner des films et à raconter une histoire. On a ici un certain anachronisme par rapport à l’époque, et un illogisme de la part de WDI, mais qui sert l’aspect commercial de Disney.
En 2012, la boucle matinale est changée pour intégrer au parc français la nouvelle boucle présente dans le Disneyland de Californie. Elle présente un anachronisme plus important, avec l’apparition d’arrangements de chansons de films musicaux des années 50-60, tels que Hello Dolly (1969), ou la venue plus marquée du titre Married Life, tiré du Disney-Pixar UP (2009). Malgré ces ajouts, certains ragtimes d’époque sont présents, tel que Alexander’s Ragtime Band ou Maple Leaf Rag.

Les Liberty Arcade et Discovery Arcade partagent la même boucle musicale, elle aussi d’une heure. Cette boucle est composé seulement de pièces de Scott Joplin transcrites pour ensemble de ragtime jouées par l’ensemble The New England Ragtime Ensemble.

A ces musiques s’ajoutent les sons extra-musicaux : le but de l’ambiance sonore est de plonger au mieux le visiteur dans l’endroit où il se trouve. Ainsi, lorsque ce dernier s’approche de la devanture où se trouve le dentiste, on entendra le bruit de la fraise et les cris du patient de ce dentiste.
De plus, lors des différentes saisons proposées dans le parc, les boucles musicales s’adaptent à l’événement : lors de la saison d’Halloween, les thèmes des « Disney Villains » étaient arrangés en version ragtime. Pour la saison de Noël, la boucle musicale, d’une durée d’une heure toujours, est composée des thèmes de Noël (Jingle Bells, Deck the Hall…). Enfin, pour la saison du printemps, présentée depuis 2014, ce sont des bruits d’animaux qui agrémentent les ragtimes, afin de plonger directement le visiteur dans l’ambiance de la saison.

Cet article comporte comme référence l’interview d’Eddie Sotto par Jérémie Noyer dans son livre Entretiens avec un Empire, vol.3.

Une deuxième partie de l’article arrivera bientôt, avec les listes des titres évoqués au-dessus, les compositeurs, interprètes et albums !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s