Space Impressions : la musique qui raconte un voyage vers la Lune…

Inspirée du roman de Jules Verne, l’attraction Space Mountain, de la Terre à la Lune a proposé ses premiers voyages en 1995. L’attraction raconte l’histoire du Baltimore Gun Club, un groupe américain proposant des voyages vers la Lune. Au cours du périple, les visiteurs traversent un champ de météorites, rencontrent un astéroïde, avant d’arriver vers la Lune, inspirée du film de Georges Méliès, Le Voyage dans la Lune. Enfin, les visiteurs rentrent en gare, à travers l’Electro de Velocitor, créé pour l’attraction.

Walt Disney Imagineering a proposé au compositeur de musiques de films Steve Bramson d’écrire la musique de Space Mountain, de la Terre à la Lune. Il a donc écrit deux musiques inspirées du même thème. Pour l’anecdote, le compositeur, qui détestaient les montagnes russes, a du enchaîner plusieurs tours de l’attraction, afin d’adapter la musique au parcours.

L’image ne correspond pas au Space Mountain européen, mais c’est la seule vidéo avec la version qui correspond à l’analyse.

La première musique est Impressions. Elle a été écrite pour l’ambiance d’attente de l’attraction. Très calme, elle décrit le paysage spatial, de sa découverte à son admiration, jusqu’au retour sur Terre et l’éloignement de l’Espace et de la Lune.

La deuxième musique est à l’opposé de la version de la file d’attente, afin de décrire le trajet mouvementé réalisé par le train au cours du parcours, le visiteur étant actif au sein de l’histoire de l’attraction, et non plus en attente avant de prendre part au parcours : elle perd son calme et sa sérénité, qui permet de contempler un Espace recréé, et devient plus dynamique, mouvementée. Cette musique participe à l’immersion du visiteur : il ne devient plus spectateur d’un voyage sur la Lune, mais héros de l’événement. Elle se divise en cinq boucles : le départ, le passage par un champ de météorites, un astéroïde, la rencontre avec la lune et le retour vers la Terre. Chaque partie représente une zone du parcours, et chaque zone comporte des freins en fin de parcours, servant à arrêter le train en cas de problèmes. De plus, chaque début de zone comporte des capteurs qui permettent de déclencher la boucle musicale. Si le train vient à s’arrêter dans une zone, la boucle musicale suivante ne se déclenche pas et la musique s’arrête. Afin de palier à ce problème qui provoquerait un silence ne servant pas l’action, Bramson a ajouté quelques mesures d’un effet musical ou d’une note tenue, afin d’avoir une ambiance sonore toujours présente, et de faire une transition avec la boucle suivante.

Le compositeur s’est inspiré des musiques de John Williams (certains thèmes peuvent être comparés aux thèmes des personnages de Yoda ou Princess Leia) et de la musique de 20,000 Under the Sea, de Paul J. Smith.

Impressions se divise en sept parties :
-La première partie raconte le départ vers l’Espace. On découvre le thème principal, très serein, sur une pédale de dominante, avec beaucoup de liberté, afin d’arriver sur une exposition du thème qui annonce le départ de la fusée.

-La deuxième partie expose de nouveau le thème à deux reprises. Elle raconte le décollage et l’arrivée dans l’Espace. Plus rapide, elle évolue à travers sa modulation à la quarte diminuée, qui amène une tension, avant d’arriver à la fin de l’ascension et l’admiration du paysage spatial.

-L’admiration du paysage est décrite par trois éléments différents : l’utilisation des trois premières notes du thème principal, un thème à la basse composé d’un mélisme autour de la tonique et d’un contrechant autour de la tierce. La transition vers la partie suivante, est une marche utilisant le thème principal, vers une modulation à la quarte diminuée supérieure.

-La partie suivante est composée d’un dialogue entre les instruments aigus et la basse, accompagné d’un mélisme dans le registre médium, qui renforce une atmosphère statique, qui donne une sorte d’impressionnisme à la partie.

-La cinquième partie renforce ce statisme avec une succession de triolets tournant autour du même pole, modulant au demi-ton supérieur ou inférieur, avant d’arriver au climax, et donc au retour vers la Terre.

-Le retour commence avec un nouveau motif, répété à deux reprises, qui amènent vers une marche au demi-ton inférieur et une modulation à la quinte diminuée inférieure.

-La septième partie est un contrechant joué dans le registre aigu, sur une pédale de tonique, puis sur une pédale à la sous-dominante, décrivant l’éloignement, avant d’arriver sur une coda, qui rappelle un souvenir du paysage découvert.

Ainsi, la musique de l’attraction permet d’ajouter une histoire plus précise au parcours, là où le visiteur pourrait seulement chercher seulement à prendre du plaisir avec un parcours à grande vitesse. L’expérience est plus valorisante pour lui.

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