Mickey et le Magicien : Let the Music Shine !

En juillet 2016, Disneyland Paris proposait aux visiteurs un nouveau spectacle permanent mettant en scène l’égérie des Walt Disney Studios, Mickey Mouse, dans le Studio n°3, renommé pour l’occasion Animagique Theater.

En lieu et place d’Animagique, spectacle très riche, mêlant marionnettes, lumières noires, personnages et ombres chinoises, Mickey et le Magicien raconte comment Mickey, assistant d’un magicien parisien qui doit nettoyer l’atelier, va devenir à son tour un magicien, en croisant la route de 5 personnages Disney, plus ou moins magiques, grâce à des éléments de décors les rappelant ou des apparitions soudaines.

Il croise tout d’abord La Marraine la Bonne Fée, qui fera apparaître puis partir Cendrillon. En dépoussiérant un meuble, il découvre Lumière qui dirige le banquet et la danse entre la Belle et la Bête. Une sorte de praxinoscope avec un éléphant fait apparaître Rafiki et les animaux de la savane. Lorsque Mickey essuie une lampe orientale et fait apparaître le génie qui part dans un ShowTime ! Enfin, Olaf arrive sur scène et annonce Elsa.

Au final, avec de la confiance, Mickey nettoie grâce à la magie l’atelier, mais provoque une catastrophe. Le Magicien, de retour, l’aide, le conseille, et Mickey, accompagné des personnages qu’il a rencontré, valide ses compétences de magicien.

La Magie au coeur du spectacle

Mickey, afin de devenir magicien illusionniste, se fait suivre et pousser par des compagnons magiques. Les tours de magie s’enchaînent, réalisés par les personnages. Le choix de chacun des dessins animés de ce spectacle se fait en fonction du thème : la magie est présente dans chacune des productions, de manière plus ou moins directe, rendant la légitimité du choix. Par exemple, dans le Roi Lion, la magie est-elle vraiment présente, sachant que le seul élément surprenant est la vision de Mufasa par Simba, et qu’elle n’est pas utilisée dans le spectacle.

Aussi, Mickey désire être un magicien illusionniste, tandis que 3 des personnages sont des magiciens féériques et un quatrième est une personnage enchanté (ou maudit). Marraine la Bonne Fée, le Génie ou Elsa utilisent des pouvoirs surnaturels afin d’aider les personnages de leurs films respectifs, ils ne cherchent pas à divertir le spectateur et ne jouent pas de leur crédulité. L’objectif de Mickey étant de devenir magicien pour faire de l’illusion, les objectifs du héros et de ses camarades ne sont pas les mêmes.

La Musique au service de la Magie

Mickey et le Magicien est un spectacle inspiré très largement de Broadway. Sa mise en scène, sa musique et son rythme lui permettent de présenter plusieurs tableaux dynamiques, efficaces et qui ne procurent aucun temps mort !

La musique, écrite par John McNeely et arrangée et produite par Vasile Sirli, se construit de la manière suivante :

  • Une introduction en fanfare, reprenant le thème de Let the Magic Shine, la chanson fil conducteur du spectacle.
  • Let the Magic Shine, pendant que le magicien allume son atelier, aidé par la Fée Clochette. Avant que Mickey n’apparaisse, le thème de la Fée Clochette, qu’on entend dans les dessins animés qui lui sont attitrés, ou qui était en ouverture de Disney Dreams, résonne comme un écho durant son départ.
  • Une musique descriptive dans le style du mickeymousing accompagne la discussion de Mickey et le chapeau.
  • Enfin, l’apparition de Marraine la Bonne fée est présentée avec une interprétation rapide et légère de Let the Magic Shine !
  • Marraine la Bonne Fée apparait sur les 7 premières notes de Bidibi-Bobidi-Boo. Son tableau est une version dans le style de Broadway de cette chanson, où le personnage prépare la robe de bal avant de faire apparaître Cendrillon. A Dream is a Wish Your Heart Makes est arrangé de manière plus calme, dans un style plus de Disney Parks, avant de conclure en fanfare le tableau !
  • Dès que Mickey se met à travailler et donc faire avancer l’action, le thème de Let the Magic Shine est interprété de manière très légère, piquée et très guillerette, avant d’être coupé par la découverte de Lumière et une petite gamme ascendante !
  • Le banquet est annoncé par une ouverture en fanfare, digne des cirques (rythme doublé des cuivres, chromatismes des bois et le tout de manière ascendante et de plus en plus forte). L’arrangement de Be Our Guest est digne des comédies musicales, ressemblant à la version de Broadway, mélangeant original, valse, French-Cancan, avant de conclure sur un final majestueux, inspiré du final d’Orphée aux Enfers ! Ainsi, comme dans le dessin animé, on rend hommage à la France dans cette partie du tableau ! La scène se finit La Belle et la Bête, dans une version très proche de l’originale.
  • La mélodie résonne comme un écho dans la transition avant de reprendre brièvement le thème du fil rouge et l’arrivée de percussions africaines et du marimba pour présenter Rafiki et le Roi Lion. Pour la première fois à Disneyland Paris, c’est le Calling de la version de Broadway qui ouvre une séquence du Roi Lion. On le différencie avec l’original grâce à ses voix en plus, qui répondent aux solistes. La version est très calme et douce du à son changement de tonalité, qui permet de donner une nouvelle atmosphère à la chanson, vraiment apaisant. La voix n’hurle plus et berce le spectateur, dans la scène la plus reposante du spectacle. Le tableau se conclut par un arrangement de Under the Stars.
  • Mickey et le chapeau sont accompagnés par une musique aux couleurs africaines.
  • La version de Let the Magic Shine résonne toujours de manière joyeuse et légère. La chute de la Lampe du Génie est décrite par un chromatisme des bois, tuilés par les cordes. La panique est symbolisé par un accord dissonant des cuivres, puis une version rapide et cuivrée de Nuits d’Arabie, avant qu’un accord suspensif appuyé par les chimes ne fassent découvrir le Génie !
  • Je suis ton Meilleur Ami est interprété dans ce tableau sur Aladdin. l’utilisation de la chanson parait logique car elle présente le personnage et ses pouvoirs à un magicien en devenir, tout comme il présente des pouvoirs et ses capacités à Aladdin dans le dessin animé. Tout comme pour L’Histoire de la Vie et C’est la Fête, c’est la version de Broadway qui a inspiré le tableau. On y trouve les tours de magie, l’interaction entre les danseurs et les protagonistes, ou encore la séquence de claquettes. Les différents passages musicaux s’éloignant de l’esprit de base peuvent être comparés aux passages country et tango de la comédie musicale. Seuls les interprétations de titres extra-Aladdin ne sont pas présents dans le tableau de Mickey et le Magicien.
  • La séquence se termine par une interprétation par le marimba de la chanson, coupé par la Lune qui disparaît et musicalement par la voix féminine.
  • Plus le temps est limité, plus Let the Magic Shine est joué vite et raccourci. Une transition présente ainsi le personnage d’Olaf et sa chanson En Été. La chanson change lorsque le bonhomme de neige évoque Elsa. La reine arrive sur une nouvelle orchestration (que je trouve plus développée) de Winter’s Waltz, l’une des musiques instrumentales de la bande originale.
  • La reine interprète sa chanson Let It Go, dans une version transposée un demi-ton plus bas, et est donc plus grave (peut-être plus de facilité d’interprétation). On notera que c’est le seul tableau où le personnage n’est pas présent : Mickey sort de scène, il n’y a pas de danseurs, la chanson est interprétée sans changement majeur et permettant de faire avancer la « quête » de Mickey. La présence du personnage peut se justifier par le souhait de faire apparaître le personnage le plus rentable des Studios dans son spectacle et de faire plaisir au spectateur.
  • Mickey arrive enfin à faire bouger son balais par la force de la magie (en faisant donc référence à Fantasia et l’Apprenti Sorcier). La musique est majestueuse et joyeuse pour fêter le succès de Mickey, jusqu’à ce que le balais n’en fasse qu’à se tête (Encore !) et que Let the Magic Shine ne devienne mineur et que les dégâts en soient symbolisés par des motifs descendants joués par les cordes et bois.
  • L’arrivée du magicien et la mélodie de Let the Magic Shine redonne confiance en Mickey, qui aidé par le magicien (qui remet en ordre l’atelier), va réaliser son premier tour de magie réussi. Ce tour est décrit par des traits ascendants des cordes, chaque montée étant conclue par une trille des bois. Le spectacle se conclut par la chanson, de manière très festive et entraînante, comme chacun des spectacles à Disneyland Paris.

De la Pixie Dust musicale

La Fée Clochette est un personnage très discret dans le spectacle, mais qui, inconsciemment, prend une place très importante au fil des tableaux. Elle apparait dès le début du spectacle en éclairant plusieurs éléments du décor, qui serviront à l’intrigue.

Musicalement, elle est symbolisée par les Chimes. Dès qu’on entend cet instrument, Clochette ou la magie a fait son effet. Dès l’installation des spectateurs dans la salle, les chansons des films Disney que l’on retrouve dans le spectacle sont accompagnés des Chimes (comme Animagique avec les bruits de chantier) : on se met dans l’ambiance du spectacle.

Broadway en France

Le spectacle s’inspire très largement des spectacles de Broadway dès que l’occasion se présente. Cela permet de redécouvrir les musiques des films, déjà réinventées pour la scène.

La chanson de Cendrillon s’adapte au style, ce qui permet d’avoir une continuité entre chaque tableau. Seul le tableau de la Reine des Neiges n’est pas dans le style et est un simple numéro musical.

Le Mickeymousing dans le spectacle

Pour reposer le spectateur entre chaque tableau, Mickey converse avec le chapeau afin d’apprendre et d’avancer dans sa quête. Chaque action est musicalement représentée par un motif, un accord ou un instrument.

Mickey et le Magicien est un spectacle d’une grande qualité, confirmant le retour des shows de qualité, amorcé par La Forêt de l’Enchantement, et qui est continu depuis 2016 !

Le spectateur vit un spectacle digne de Broadway et retrouve tout ce dont il a besoin : Mickey, des événements hors du commun, les héros de différentes générations (le Roi Lion pour les années 80/90, la Reine des Neiges pour les 2000/2010).

La présence des comédies musicales a permis aussi de confirmer l’arrivée du genre dans les spectacles de Disneyland Paris, comme récemment dans Le Roi Lion et les Rythmes de la Terre.

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