Disney Goes Classical : avis d’une revisite des tubes Disney.

Le 2 octobre 2020 est sorti l’album Disney Goes Classical, produit par Decca Records et Walt Disney Records. L’album reprend 12 célèbres chansons des Walt Disney Studios, une ouverture de film et une chanson de Pixar, réinterprétées par le Royal Philharmonic Orchestra, l’orchestre national de Grande Bretagne (à ne pas confondre avec le London Symphonic Orchestra), et sous la direction de Sally Herbert. L’enregistrement s’est déroulé dans les mythiques Studios d’Abbey Road.

L’orchestre est rejoint par des solistes ou groupes de solistes à 5 reprises : Matteo Bocelli, le fils d’Andrea Bocelli, le quatuor The Opera Men, la guitariste Kaori Muraji, le jeune violoniste de 12 ans Christian Li et la soprano Renée Fleming.

L’Album

L’album s’inscrit aussi dans la lignée des albums de reprises tels que We Love Disney, Jazz Loves Disney ou le moins connu DConstructed, constitué de reprises « électro » de chansons Disney.

Ce n’est pas la première fois que Disney s’essaie à faire interpréter ses chansons par des orchestres symphoniques : à la fin des années 90 et au début des années 2000 sont sortis 3 volumes de reprises symphoniques de chansons Disney, Disney’s Orchestra Collection, enregistrées par l’orchestre japonais Neverland Orchestra. Ces reprises sont très connues des fans de Disneyland Paris : elles sont présentes dans la file d’attente de l’Animagique Theater depuis son ouverture.

Le terme classique est encore ici contestable : la musique classique est la musique de la période classique, composée en 1750 et 1800, principalement par Joseph Haydn et W.A. Mozart. Il aurait été plus judicieux d’utiliser le terme de « symphonic » ou « philharmonic« , tout aussi parlant que le terme de « classical« .

Disney’s Orchestra Collection – Volume 1

Disney Goes Classical reprend donc l’esprit de cette première collection « symphonique » avec des tubes Disney, de Pinocchio à Moana. L’album comporte donc :

  • OvertureMary Poppins ;
  • How Far’ll Go – Moana ;
  • A Whole New World – Aladdin ;
  • Can You Feel the Love Tonight – The Lion King, interprété par Matteo Bocelli ;
  • Almost There – Princess and the Frog ;
  • Go to the Distance – Hercule ;
  • Colors of the Wind – Pocahontas ;
  • When She Loved Me – Toy Story 2, interprété par The Opera Men ;
  • The Bare Necessities – Jungle Book ;
  • Part of Your World – The Little Mermaid, interprété par la guitariste Kaori Muraji ;
  • Beauty and the Beast – Beauty and the Beast ;
  • I See the LightTangled ;
  • Let it Go – Frozen, inteprété par le violoniste Christian Li ;
  • ReflectionMulan ;
  • When You Wish Upon a Star – Pinocchio, interprété par la soprano Renée Fleming.

Les différentes musiques sont des réinterprétations avec très peu de modifications des musiques originales. On peut noter quelques différences et adaptations, comme le passage de sonorités électroniques à des sonorités acoustiques (pour Moana), le désir de renforcer des atmosphères (comme l’introduction à la siyotanka, une flûte amérindienne) ou le passage de versions POP à des versions symphoniques (comme pour Go to the Distance).

La liste des titres est hétérogène : on y trouve des tubes récents, tels que I See the Light ou How Far’ll Go, des succès des années 90, comme Colors of the Wind, Beauty and the Beast ou Part of your World et 2 standards Disney, The Bare Necessities et When You Wish Upon a Star. On peut noter 2 titres qui dénotent : Overture de Mary Poppins, qui est la seule musique instrumentale d’origine et When She Loved Me, l’unique chanson de Pixar.

Parmi les 5 solistes, on peut saluer les interprétations de Kaori Muraji et Renée Fleming, qui ont toutes les deux réinterprétées leurs chansons respectives, When You Wish Upon a Star s’inscrivant dans la lignée des arrangements et adaptations de la musique, la plus connue étant celle de Louis Armstrong.

When You Wish Upon a StarLouis Armstrong

L’Avis

Il y a comme une sensation de « déjà-vu » avec cet album. Ainsi, on ne retrouve pas des versions revisitées ou des arrangements plus « symphoniques » des chansons Disney mais bien des versions instrumentales avec un instrument soliste pour remplacer la voix. Ces instruments se partagent même à chaque fois le rôle avec l’ensemble de violons, donnant une couleur très américaine à chacune des chanson.

Pourtant, le début de l’album est enthousiaste : on a la partition de l’ouverture de Mary Poppins, totalement instrumentale, et le Royal Philharmonic Orchestra en fait son interprétation. On perd la couleur américaine des années 60 de l’orchestre pour trouver un charme européen, avec un orchestre habitué à jouer de la musique savante comme de la musique populaire. Aussi, il est important de souligner que selon les chefs, la version ne sera jamais la même ! C’est une réelle redécouverte !

Puis on a une succession d’interprétation des chansons. Le choix des solistes par contre met en valeur les chansons, leur atmosphère et parfois même, quand on connait le contexte de la chanson, le message véhiculé. A noter que la version de A Whole New Yorld est la même que pour l’album Disney’s Collection Orchestra.

La présence de Can You Feel the Love Tonight et Let It Go est un passage obligatoire pour l’album, la musique Disney ne pouvant plus s’en dissocier… Pourtant des musiques Disney auraient plus mérités leur place que ces 2 tubes (comme Show Yourself, Into the Unknown, Out There, Someday my Prince wiil come…).

Les adaptations à l’orchestre philharmonique (donc acoustique) sont très réussies, jusqu’à reprendre les couleurs de certains sons électroniques avec les instruments. On peut noter aussi le désir de réinventer certains passages des chansons, comme l’utilisation de la siyotanka, flûte traditionnelle amérindienne, imiter des instruments de musiques populaires avec le philharmonique, comme les cuivres pour la guitare électrique dans Go to the Distance, qui est une reprise de la version POP, ou l’utilisation de la harpe pour remplacer la guitare dans I See the Light.

Matteo Bocelli

Le choix d’utiliser des solistes invités pour 5 titres est louable dans l’idée, sauf qu’avec des titres « copiés-collés », on n’a pas de réelles nouveautés, et les versions ressemblent plus à une simple reprise de la chanson de base. Il y a parfois des changements, comme des contrechants, mais qui n’aboutissent nulle part. Matteo Bocelli, The Opera Men ou Christian Li, malgré tout leurs talents, ne font qu’une simple interprétation de leurs chansons. Etait-ce le choix de la direction artistique de l’album ? C’est dommage…

Par contre, Renée Fleming, emmenée par un arrangement original de la chanson sublime When You Wish Upon a Star (l’avantage d’un standard des années 40, on le redécouvrira à chaque fois qu’il sera modifié). L’association de sa voix à la section et les contrechants des cordes sont envoutants. Pour ma part, cette version me ramène à mon enfance, avec les versions commercialisées pour Disneyland Paris

La guitariste Kaori Muraji, associée à l’ensemble de cordes et à la harpe, réalise, quant à elle, une version très douce et légère Part of Your World, accentuant la mélancolie d’Ariel. La version est renouvelée sans perdre de charme, au contraire !

Au Final…

Malgré ma critique assez sèche envers le manque de nouveauté dans cet album, il est très agréable à écouter. Il est dommage que l’objectif de l’album ne soit pas mené sur toutes les chansons et qu’on ait des versions plus développées. Il vaut donc la peine d’être écouté sans pour autant s’extasier devant.

La Grille de Compétences

Le choix des titres

Note : 2 sur 4.

L’album reprend beaucoup de standards Disney qui plaisent facilement. On note les surprises du type Overture de Mary Poppins, Almost There de Princess and the Frog ou When She Loved Me de Toy Story 2. Cependant, certains titres sont malheureusement obligatoires pour un album Disney (Let It Go…)

Les arrangements

Note : 1 sur 4.

Sauf pour Part of Your World et When You Wish Upon a Star, aucun titre n’est réinventé. C’est décevant… Ca ressemble soit aux titres originaux. Les arrangements faits il y a 20 ans sur l’album Disney’s Orchestra Collection ne sont pas réutilisés, ce sont même les arrangements non originaux de l’album qui sont réutilisés ici (A Whole New World).

L’interprétation

Note : 4 sur 4.

Utiliser l’un des plus grands orchestres au monde, le Royal Philharmonic Orchestra, n’est heureusement pas un danger d’interprétation des plus grands tubes Disney. On peut noter un choix original qui renouvelle un titre : Overture de Mary Poppins.

Les Invités

Note : 2.5 sur 4.

Aussi bons qu’ils soient, les invités ne proposent rien de réellement nouveau. Ce sont des noms qui plairont au public (Matteo Bocelli) ou aux connaisseurs de musique savante (Christian Li ou The Opera Men). Renée Fleming et Kaori Muraji font, quant à elle, un travail extraordinaire de réinvention de Part of Your World ou When You Wish Upon a Star, qui conclue l’album en beauté.

Au final

Note : 2 sur 4.

Rien de nouveau dans les albums de revisite, et c’est dommage… Les versions ne font rien découvrir et on ne se poserait pas pour écouter l’album. Au mieux, en musique de fond pour l’apéritif !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s