Soul : avis d’un Pixar qui a sa propre personnalité.

Initialement prévu au cinéma, mais directement sorti sur Disney +, Soul est la 23e production des Studios Pixar. Il est réalisé par Pete Docter et Kemp Powers, sur des musiques de Trent Reznor et Atticus Ross pour les musiques électroniques et Jon Batiste pour les musiques de jazz.

Affiche de Soul pour Disney +

L’Histoire

Joe Gardner (Omar Sy en VF), un passionné de jazz enseignant la musique dans une école par défaut, apprend qu’il va jouer dans l’un des meilleurs clubs de jazz de New-York avec l’une des meilleures saxophonistes de jazz. Alors qu’il jubile de l’événement, il tombe dans une boucher d’égout vers l’anti-chambre du « Grand Après« .

En fuyant ce « Grand Après », il tombe dans le « Grand Avant« , l’endroit où les personnalités de chacuns, sous forme concrète, se construisent avant de rejoindre son corps humain. Joe y rencontre 22 (Camille Cottin en VF), une personnalité coriace qui n’a jamais su comprendre l’intérêt de passer sous forme humaine, et va l’aider à se construire sa personnalité de manière finale, dans le but assez égoïste de retrouver son corps et jouer son concert.

Durant la quête de Joe pour retrouver son corps, 22 va prendre conscience des plaisirs naturels de la vie sur Terre. Mais lorsqu’elle fuit, les deux comparses retournent dans le « Grand Avant ». C’est à ce moment que Joe prend conscience à son tour des plaisirs de la vie et de la manière de la faire évoluer.

Soul, où comment faire prendre conscience de sa vie.

Dans la suite de Vice-Versa qui parlait des émotions de l’Homme, Pixar cherche à nous faire prendre conscience de notre « moi« , avec la personnalité dans Soul. A travers Joe Gardner, on se rend compte des plaisirs de la vie, du plaisir à faire une action, savoir s’écouter et ne pas se laisser gérer.

Il n’y a pas de héros plus fort que l’autre, pas de méchant, rien de manichéen dans cette histoire. Toutes les embuches sont celles de la vie, même celle du personnage de Terry et des Michel, sorte de Parques du monde contemporain, que l’on pourrait appeler Destin.

Ce n’est pas que Joe Gardner qui nous fait prendre conscience de l’importance de la vie et de ne pas s’obstiner sur un seul but dans la vie, mais bien la combinaison du prof de musique avec la petite personnalité grandissante de 22. Sans la découverte des plaisirs simples de la personnalité mélangée à la quête de satisfaction personnelle de Gardner, nous ne comprendrons donc pas la morale du film.

Cette morale est, quant à elle, très tournée vers les adultes, plus aptes à comprendre le message que les enfants, qui auront le droit à quelques moments de légèreté tout au long du film.

La musique : entre Jazz et Minimalisme

La musique de Soul est composée de deux genres différents : le jazz, genre récurrent chez Pixar, et la musique électronique, presque minimaliste.

Le jazz, que l’on retrouve d’une manière ou d’une autre dans tous les Pixar (sauf Coco), n’est qu’un prétexte au film. Composé par Jon Batiste, le style à la fois populaire, classe, très américain et en lien avec la communauté afro-américaine, n’est qu’un prétexte au film. N’importe quel style musical ou artisitique, à n’importe quelle époque aurait pu suffir à Soul. Cependant le jazz est le style de la vie : il n’est entendu que lorsque Joe est sur Terre, vivant (ou presque). Il disparait lorsque tout ce qui est concret ou en lien avec la vie sur Terre laisse sa place à l’abstrait ou au spirituel. Même la façon d’improviser du protagoniste devient devient différente, sans pour autant s’apparenter au Free Jazz.

A l’inverse, lorsque l’on passe dans le « Grand Avant » ou le « Grand Après », la musique devient électronique, avec une orchestration très sobre, dans l’aigu. Composée par Trent Reznor et Atticus Ross, la musique est complémentaire avec le style épuré du « Grand Avant », très minimaliste, abstraite. En même, qui sait comment est ce monde parallèle de la création ou de la mort ?

Au final…

Dans la suite de Vice-Versa, Pixar nous fait encore prendre conscience de nous-même en parlant des personnalités. Cependant, il y a comme une impression d’inachevé avec Soul, le message est présent mais pas tellement abouti… Quant aux musiques, aussi belles qu’elles soient, il est dommage qu’elles ne soient qu’un prétexte à l’histoire…

La grille de compétences

Le système de notation est expliqué dans le A Propos.

L’Histoire

Note : 3 sur 4.
Le thèmeAprès Vice-Versa, Soul est le nouveau film, tout studio confondu, qui nous fait prendre conscience de notre « moi », et qu’au final, seuls nous-même pouvons nous faire évoluer ! Le tout avec un peu d’humour pour les enfants et un grand moment de réflexion pour les adultes !
La NarrationL’histoire est plutôt simple. Comme c’est du Pixar, on part sur une quête, qui au final va révéler quelque chose de nouveau au héros. Rien de bien novateur, mais ça fonctionne. Peut-être qu’assumé un peu plus, Soul aurait pu avoir une trame différente et moins voyageuse.

L’Animation

Note : 3 sur 4.

C’est du Pixar, c’est efficace, sans pour autant montrer quelque chose de révolutionnaire !

La Musique

Note : 3 sur 4.
L’instrumentalQue ce soient les musiques électroniques ou la musique jazz, les deux sont de qualité, sans alourdir le film par des moyens téléphonés. Petite déception de l’utilisation du jazz comme un prétexte à l’histoire et non comme un réel fil conducteur à Soul…
Le lien Son-ImageL’utilisation d’un style par univers est le meilleur moyen de faire comprendre musicalement où l’on est, mais aussi d’habiller chacune des scènes.

Au Final

Note : 3 sur 4.

Au final, Soul est un bon Pixar, dans la suite de Vice-Versa, où le spectateur est confronté à son comportement donc à sa personnalité. La musique accompagne le film de manière subtile et distinguée (difficile de faire mieux avec du jazz et de la musique électronique minimaliste).

Cependant, l’aspect adulte et mature du film n’est pas abouti, et donne une impression d’inachevé. Aussi, malgré une musique d’une très bonne qualité, il est dommage que le jazz ne soit pas tant exploité…

Soul est un bon Pixar avec une thématique forte, une histoire solide et efficace, mais qui mérite d’être plus développé quitte à oser de sortir de la zone de confort habituelle des studios !

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