Chronique Disney : la référence Disney en France !

Interview de David Scordia, rédacteur pour Chronique Disney

J’ai eu l’occasion de rencontrer David Scordia, le 9 octobre 2017 à Serris, afin de parler de son travail pour le site reconnu dans la communauté Disney, Chronique Disney.

Cette interview m’a servi pour parler des fans Disney, de la façon dont l’équipe rédige un article, ses recherches, mais aussi de ses relations avec Walt Disney Company France et Disneyland Paris.

L’interview m’a permis aussi de crédibiliser la source qu’est Chronique Disney pour mon mémoire, un tel site n’étant pas dans les codes d’un mémoire de recherche.

Comment est venue ta passion pour l’univers Disney ?


Quand j’étais petit, mon grand-père m’achetait des V.H.S de films Disney. J’habitais Cannes à l’époque, en 1993, donc j’étais très loin de Disneyland Paris et de son actualité. J’ai regardé ces cassettes en boucle, comme tous les enfants, puis ma collection s’est agrandie, et c’est à partir de là que ma passion pour l’univers Disney m’est venue. Et c’est en suite en 1997 que mon grand-père m’a amené à Disneyland Paris pour la première fois.


A partir de quand tu as commencé ta culture Disney, à travers tes recherches et tes analyses ?


Dès que j’ai eu mes premières V.H.S. A l’époque, on savait un an à l’avance quel serait le Disney de l’année, qui sortait pour la période de Noël, et dès l’été, lorsque sortaient les affiches, j’essayais de récupérer les moindres informations qu’on pouvait avoir, et sans internet, ça pouvait se résumer à une petite image dans les Picsou Magazine, ou dans les critiques des magazines télé. C’est donc en récupérant ces informations que j’en ai appris de plus en plus. L’école aussi me permettait de gonfler cette culture : je me souviens d’un livre sur l’animation Disney, mais aussi des CD-Rom Encarta, qui m’ont appris par exemple que Pulp Fiction était produit par Disney, et qu’à travers ses filiales, l’univers Disney ne se résumait pas aux dessins animés.
J’ai donc découvert le parc français avec mon grand père en 1997. J’en garde un bon souvenir, malgré une journée mal organisée et avec du mauvais temps. Mais j’avais l’impression de connaitre le parc déjà par coeur, car dès qu’une brochure sortait dans l’agence de voyage du coin, j’allais, gêné, la récupérer.


Quand as-tu commencé à travailler à Disneyland Paris ?


J’ai commencé en 2006 avec un CDD en tant qu’animateur opérateur attraction à l’attraction Pirates of the Caribbean, puis j’ai enchaîné à la saison d’Halloween, Noël, puis Pâques 2007, avant de signer en CDI en mai 2007. J’ai travaillé, par la suite, dans d’autres attractions comme Phantom Manor, dans la Tour de la Terreur, à Star Tours, pour finir au bureau des passeports annuels. J’ai décidé enfin de me tourner vers l’hôtellerie, et il était plus rapide et efficace de me tourner vers les hôtels partenaires de Disney qui cherchaient des gens activement, au lieu d’atteindre qu’un poste se libère dans un hôtel Disney.


Et est-ce que ton travail chez Disney a changé ta vision de fan ?


Partiellement. Je serai tenté de répondre oui, mais comme j’étais déjà intéressé par le fonctionnement de la compagnie avant, je savais déjà pas mal de choses sur le système. Je n’avais pas vu les coulisses auparavant, mais ce ne sont jamais que des véhicules lambdas, des rues simples, il n’y a pas de fantasmes à avoir autour de ça. Mais après, Disney est une compagnie qui fonctionne comme beaucoup d’autres, malgré l’univers assez spécial, très fermé avec un code de fonctionnement particulier, dans lequel on peut rester facilement dans une sorte de bulle. Mais vis-à-vis de l’image, pas tellement car cela ressemblait déjà à ce que j’imaginais.


Chronique Disney est l’un des plus gros sites non officiel sur l’univers Disney. Il parle de tout ce qui peut concerner Disney : films d’animations, les court-métrages, les musiques, les comédies musicales, les parcs, les filiales, les jeux vidéo, les expositions, ou aussi tout ce qui peut toucher à Disney dans la vie de tous les jours. Quand as-tu commencé à rédiger des articles pour Chronique Disney ?


J’ai commencé en 2008, avec un article qui s’appelait Jurassique Place, qui parlait de l’intégration du film Dinosaur dans la liste des classiques Disney. C’était vraiment un article de pur fan, pour ceux qui se passionnent pour Disney, pour l’animation et pour les détails. J’ai écrit cet article car peu de temps avant la rédaction de l’article, Walt Disney Animations Studios avait mis à jour son site, et nous nous sommes rendu compte que Dinosaur était apparu dans la liste des classiques, ce qui allait coïncider par la suite à la sortie du Tangled, et que ce dernier allait devenir le numéro 50. Notre avis était juste car, dans le générique du film deux ans plus tard, un logo 50 était animé, avec le logo des studios.


Comment toute l’équipe de Chronique Disney a recueilli autant de références et de critiques ?


Il faut savoir qu’initialement, ce n’était que le site de Franck, qui l’a créé, qui s’appelait à l’époque Zuzu Disney, qui vient de son surnom Zuzu. Au départ, c’était seulement lui qui voyait les films et les chroniquait, sans connaissance extraordinaire : il en parlait seulement avec un oeil de spectateur. C’est à force de recherches qu’il a commencé à écrire des textes de plus en plus longs. Et maintenant, c’est un critère de sélection pour rejoindre l’équipe, on leur demande de faire une fiche test, d’avoir des connaissances sur le sujet, d’avoir vu l’oeuvre ou fait l’attraction au moins une fois, et après, nous sommes plus directeur éditoriaux à faire des lectures, commentaires, annotations pour essayer de rendre la fiche la plus complète possible. Pour Disneyland Paris, je relis toutes les fiches avant la publication, et souvent, en voyant qu’un point n’a pas été abordé dans la fiche, je me permets de le rajouter, et ça passe par des livres ou des recherches. De plus, tout le travail des chroniqueurs est bénévole, et coûte même plus d’argent à Franck et son conjoint qu’il n’en rapporte.
Nous sommes par la suite demandés par d’autres organismes, par exemple, nous avons été demandés pour un documentaire télévisé, où le producteur nous a contactés par la page Facebook, et en fonction du sujet et de la capacité à être interviewé, nous choisi qui s’y rend. Je suis par exemple passé sur un documentaire sur le 25e anniversaire sur C8, et sur un documentaire sur le 60e anniversaire en 2015 sur NRJ12.


Est-ce difficile de rester objectif en parlant d’un sujet sur Disney ?


On ne peut pas être objectif par définition car on est passionné par l’univers, donc on est forcément bienveillant à la base. On part donc du principe que Chronique Disney est bienveillant au départ, et qu’on laissera toujours sa chance au film qu’on regarde ou à l’attraction que l’on va analyser. Mais à force de faire des attractions ou de voir des spectacles, on aura forcément un regard un peu plus aiguisé que des personnes qui consomment ce type de produit de façon plus rare.
De plus, l’objectivité ne peut pas être présentée car chaque fiche est faite avec le regard de la personne qui l’a rédigé. Maintenant, on essaie d’avoir quand même une cohérence, c’est-à-dire que, même si un film peut être détesté par l’un ou adoré par l’autre, il y a quand même des tendances qui se dégagent d’un certains de films, et on ne se voit pas mettre la note minimale à une attraction comme Phantom Manor ou la note maximale à une arcade de jeux vidéo présente dans le parc.
Forcément, quand on va sur un site qui s’appelle Chronique Disney, on va avoir plus de chance que la critique soit un peu plus positive que sur Allo Ciné par exemple. Mais si le film est mauvais, on va rester sincère et lui mettre une mauvaise note. Après, selon le rédacteur, on peut le positif à l’intérieur du négatif, ou à l’inverse, chercher une touche négative à améliorer sur quelque chose que l’on considère comme un chef d’oeuvre par exemple. Mais on ne va pas s’attarder dessus, et lui mettre quand même la note maximale. Parfois, même une simple comédie de Disney Channel peut avoir une note maximale, car elle est plutôt réussie pour une production du genre. Les notes et les critiques se font donc en fonction du type de programme. Par exemple, High School Musical et Fantasia ont tous les deux la note maximale, pourtant la qualité est différente, mais Fantasia est un chef d’oeuvre d’animation Disney, tout comme High School Musical est un « chef d’oeuvre » de téléfilm pour ado de Disney Channel.


Et lors d’un article négatif ou d’une critique difficile, est-il arrivé que Disney demande à changer la rédaction ?


Ca n’est jamais arrivé qu’on ait demandé de changer la critique d’un film, de toute façon, lorsqu’un film est mauvais, Disney le sait déjà, donc ils évitent les projections presses, et on va le voir comme tout le monde et on met une mauvaise note. Par contre, il est arrivé que l’entreprise nous ait commenté quelque chose : Franck avait rédigé un article sur la disparition progressive du Disney de Noël, et Jean François Camilleri, le directeur de Walt Disney Company France, a tenu à y répondre par un long texte, que l’on a copié tel quel à la fin de l’article, qu’on a respecté, car c’était son droit de réponse. De mémoire, c’est la seule fois où Disney a réagi à une de nos critiques.


Et vous-mêmes, vous vous mettez des limites dans vos chroniques ?


Si on considère une production comme mauvaise, on ne s’empêche pas de le faire remarquer. Il suffit de regarder les critiques des suites sorties en vidéo dans les années 90 et 2000, beaucoup sont négatives car on trouve ça honteux pour la marque Disney, après, on évite d’être insultant, mais on ne s’est jamais empêcher de descendre un film. Et justement, parce qu’on est passionné par Disney, ça va nous énervé de voir un tel produit, là où un spectateur classique se dira juste que ce n’est pas terrible et que Disney, c’était mieux avant.


Et il y a déjà eu des sortes de demandes de la part de Disneyland Paris, à travers vos diffusions sur Facebook ou Twitter ?


Disneyland Paris a ce souci de la confidentialité que n’a pas Disney France. La confidentialité chez Disney France se déroule seulement jusqu’à la sortie d’un film. Après la sortie du film, il n’y a plus rien à cacher, et on se permet d’en parler. Pour Disneyland Paris, c’est plus compliqué, et aime s’assurer de ce que l’on dit, et surtout s’assurer que l’on ne dévoile pas des choses qui ne doivent pas l’être. Forcément, connaissant des gens dans l’entreprise et en connaissant certaines rumeurs, on a une idée de ce qu’il va se passer dans le futur, mais on ne le dit pas, car on n’en ait pas sur, et surtout Disneyland Paris ne veut pas qu’on le dévoile d’avance. Ils ont aussi des embargos demandés, que l’on respecte toujours, lorsqu’ils nous invitent dans les coulisses d’une nouvelle attraction ou d’une nouvelle saison, parce qu’ils souhaitent garder la main sur la communication du projet. Disneyland Paris nous lit, nous invite à des événements : nous avons pu par exemple interviewer l’imagineer Tony Baxter. On n’a pas eu de problèmes à la sortie de l’interview, mais si Baxter s’était oublié durant cette dernière, Disneyland Paris nous aurait repris à la fin de celle-ci, bien avant la rédaction de l’article. Ce n’est dans l’intérêt ni du site ni de l’entreprise de ne pas respecter les règles de Disney.


Chronique Disney est un site de passionnés pour des passionnés. Je l’utilise énormément pour mon mémoire, tant les éléments sont forts et importants. Pour toi, pourquoi Chronique Disney peut-elle être une référence universitaire ?


A partir du moment où on observe le site, on peut se rendre compte de son sérieux ou non. Je ne sais pas si on peut accorder avec plus de valeurs nos fiches par rapport à d’autres fiches, le rédacteur est inconnu, et rien ne nous prouve qu’il sait plus de choses que nous. Après il y le contexte d’un site qui est là depuis plus de quinze ans, et qui est quelque part validé par Disney, car, même si ce n’est pas eux qui le font, ils le cautionnent.
Après, lorsque l’on écrit un article, si nous avons une incertitude, on cherchera, on regroupera les infos, on cherchera que c’est toujours juste. Par exemple, c’est moi qui ai rédigé les listes des oeuvres, on peut me demander si je suis certains de cette liste, et qu’il ne me manque pas une oeuvre. Je ne sais même plus comment j’ai trouvé l’info, ou alors j’essaie de me rappeler si j’ai vu le logo du studio à l’arrière d’une VHS ou avec une bande annonce.
On ne peut pas avoir de certitude sur la source, et même de la part de personnes professionnalisées sur le sujet. Moi-même, quand je vois un sujet sur Disney fait par des journalistes, je trouve toujours au moins une erreur. Il y a toujours une date de fausse, une formulation erronée. Je ne les remets pas en cause, car ce n’est pas leur passion, mais à ce niveau, je me demande combien de choses fausses j’ai pu apprendre en écoutant un documentaire ou en lisant un article. Personnellement, je faisais déjà confiance en Chronique Disney avant d’y participer, mais même quand un autre membre écrit quelque chose, je me dis que si c’est là, c’est qu’il a raison d’être, mais des débats peuvent même ressurgir entre nous. Si nous ne sommes pas surs, on utilisera le conditionnel.
Il y a un travail de recherches énorme et nos sources sont des sources de qualité, avec des livres officiels en général. Ma bible, c’est Disney A to Z, de Dave Smith archiviste pour The Walt Disney Company, avec qui j’ai des contacts en lui proposant des corrections la première fois que je l’ai lu.

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