Taram et le Chaudron Magique : un cas exceptionnel chez Disney !

Il y a peu, j’ai vu sur Twitter un thread sur les affiches de The Black Cauldron, Taram et le Chaudron Magique en français. Ce thread comportait affiches du dessin-animé, jaquettes d’albums et affiches des adaptations en attraction.

Vous avez bien des jaquettes d’albums. Il y a donc eu des albums de la musique du dessin animé. Mais quelle musique ? J’ai donc pris le plaisir de regarder le dessin animé, ce que je n’avais pas fait depuis 10 ans.

Mon DVD n’étant pas chez moi, j’ai donc eu l’occasion de voir le dessin animé prêté par un ami, avec le version doublée de 1985.

Taram et le Chaudron Magique, The Black Cauldron en anglais, est le 25e Classique d’Animation Disney, sorti en 1985 et réalisé par Ted Berman et Richard Rich. La musique est composée par Elmer Bernstein, sur des orchestrations de son fils Peter Bernstein. C’est l’Utah Symphony Orchestra qui a enregistré la musique du dessin animé, dirigé par le Bernstein père.

Ce dessin animé est encore difficilement considéré par les Studios Disney et le public. David Gilson, illustrateur et ancien de chez Disney, a justifié ce problème :

Cependant, on peut remarquer un élément différent, et loin d’être anecdotique, des premiers dessins animés des Studios Disney : il n’y a aucune chanson ! Et on remarque que tous les gros échecs des Studios Disney, au moins jusque 2009 ne comportent pas de chanson, tout du moins originales, sauf dans leurs génériques.

Quant à sa musique, elle se divise en deux parties différentes : l’une qui reprend tous les codes de la musique médiévale (tambourin, fifre, rythme ternaire pour un côté plus dansant) et l’autre qui reprend tous les codes de la musique fantastique et presqu’effrayante (tremollo de cordes, thérémin, cuivres qui hurlent).

Dans certains films, ce n’est pas choquant. Sauf que dans le cas de Taram et le Chaudron Magique, ces effets ne sont pas subtils. Ce ne sont plus des codes mais des clichés musicaux, et associés à la qualité de l’animation qui était en pente descendante, le résultat laisse parfois à désirer.

Pourtant avec une histoire très intéressante, inspirée des Chroniques de Prydain, de l’auteur Lloyd Chudley Alexander, le dessin animé avait tout pour être une réussite, l’histoire plutôt sombre n’étant pas toujours une contrainte, Blanche Neige et les Sept Nains ou encore Pinocchio en sont le parfait exemple.

Ici, on a l’impression que c’est un combo de toutes les erreurs à ne pas faire : pas de profondeur en animation, des dialogues un peu simple, pas de décors développés sur les scènes avec les personnages, des personnages caricaturaux, une musique qui est là juste pour être là… Seul Gurki, cet être étrange m’a convaincu, avec un comportement animal avec une communication humaine, jusqu’à son moment de bravoure : au final, Gurki n’est-il pas un Homme comme les autres, mais qui se repenti dans le grand final.

On retrouve donc tous les codes des caractères des personnages :

  • Taram, le garçon larbin de la ferme qui veut devenir brave et fort. Ce personnage se retrouve déjà chez Arthur dans Merlin l’Enchanteur, l’animation étant même reprise dans la scène de al forêt.
  • Eilonwy (ou Eloïse dans la 1e version) est la princesse un peu nunuche mais aussi débrouillarde, mais au comportement vite agaçant. C’est Barbara Tissier qui a doublé le personnage en 1985, et heureusement, son talent a beaucoup évolué !
  • Ritournel, le pseudo-gaffeur aux gags un peu lourdingues.
  • Crapaud, le méchant soumis, mais qui n’est pas si inintéressant pour son rôle.
  • Le Seigneur des Ténèbres, personnage fort et charismatique, à l’image d’un Tchernobog dans une Nuit sur le Mont Chauve. Tout est fort chez lui, sauf le plus important : sa mort. Elle arrive par hasard, sans réel moment un peu épique, il est emporté par le chaudron sans résistance, lentement et même de manière ennuyante. C’est dommage.

Un problème général de rythme est présent dans le dessin animé : chaque scène se succède sans transition et de manière un peu lourde, tout comme les différentes répliques. Le résultat en est fatigant au fur et à mesure.

Attention Taram et le Chaudron Magique n’est pas non plus le ratage tant décrié, mais il est en deçà de l’attente que l’on a d’un dessin animé Disney. De mon point de vue, l’histoire très sombre (qui lui a valu d’être PG rated, c’est à dire qu’il est fait pour un public averti) n’est pas le principal problème de ce dessin animé, mais plutôt le manque de lien logique dans l’histoire, l’animation qui peut laisser à désirer et au final une musique très décevante.

En cadeau, une chanson composée pour le dessin animé en 1985, interprétée par Douchka. On notera la présence de deux personnages de Gurki, et qu’ils veulent voyager en Amérique (qui n’était pas connue à l’époque).

Une seule chose : ON VEUT GURKI EN MEET’N’GREET à Disneyland Paris !